Tam-Tam

Le 26 juillet 2004

Je pince le papier aluminium de mes doigts: pour qu’il colle bien à la bordure du pot.

Je me concentre pour que le métal soit bien tendu,

comme si je ne l’avais pas encore ouvert. Je le lisse encore et encore, prenant bien garde de ne pas le percer
L’idée m’est venue quand j’eus finit de manger mon yaourt.

Dans ma tête un sifflement de locomotive à vapeur entrant en gare, puis comme d’habitude un torrent d’images très courte.

Voilà comment est née l’idée. Voilà comment naissent toujours les idées pour moi.

Je me délecte, le pot est bien rond, ventru même.

Une forme qu’on les gens bienheureux. Ceux qui mangent à leur faim et sont aimés pour ce qu’ils sont.
Oui décidément je me demande bien pourquoi l’idée n’a pas jaillit avant. J’en ai mangé des litres sans me rendre compte qu’il pouvait être autre chose qu’un pot de yaourt.

Cette fois la pellicule d’aluminium adhère bien au pot. Il faut la lisser soigneusement encore. Je relève la tête observe un homme, c’est le mien, de dos.
Je me dis qu’il est beau, je me dis que l’on est heureux et je sais que mon idée lui plaira.
Retour à mon travail tout est presque prêt enfin.

Je pose mon idée sur le lit, l’observe en penchant la tête d’un coté puis de l’autre.
Je n’ai pas inventé de vaccin mais juste un petit rien qui me plait, c’est déjà bien.

J’inspire profondément, expire. Recommence deux ou trois fois avant de me lancer.

C’est parti!

« Chéri!? Regarde ! »

L’homme se tourne, me dévisage, son regard glisse sur mes mains. Là ou je tiens mon ancien pot de yaourt.

« Regarde, c’est un tambour! »

Je tapote l’aluminium du bout des doigts créant quelques Poc, Poc, Poc.

Il sourit, et là tout dérape:

« Tu sais tu peux aussi utiliser ta tête en guise de tambour… »

En l’espace de quarante secondes, mon tambour si rond si doux, redevient une ordure ménagère comme ses congénères.
Je me retrouve moins vexée par l’humour piquant de l’homme qui me sourit, que par le souvenir d’avoir mis ma main sur ma tête pour vérifier… on ne sait jamais…